Réforme de la fiscalité locale
Comment fonctionne le recouvrement des taxes au niveau communal
La loi n° 14.25 (2025) répartit le recouvrement des taxes locales entre la Direction Générale des Impôts et un nouveau corps de percepteurs communaux, et révise la taxe sur les terrains urbains non bâtis pour la première fois depuis 2008.
Comment fonctionne le recouvrement des taxes au niveau communal
Réforme de la fiscalité locale
La loi n° 14.25 (2025) modifie la loi-cadre de 2008 sur la fiscalité locale (loi 47.06). Elle répartit le recouvrement selon les capacités : la taxe professionnelle et deux taxes communales passent à la Direction Générale des Impôts, un nouveau corps de percepteurs communaux prend en charge le reste, et la taxe sur les terrains urbains non bâtis bénéficie d'une première révision de ses taux depuis 2008. Cette page s'appuie sur le texte adopté par la Commission de l'Intérieur de la Chambre des Conseillers (avril 2025) - elle ne remplace pas les textes officiels ni votre percepteur communal.
Qui fait quoi dans le recouvrement des taxes locales
Termes clés
Les rôles et les taxes que vous rencontrerez le plus souvent au niveau communal.
Percepteur communal (قابض جماعي)
قابض جماعي
Un rôle créé par la loi 14.25 : un percepteur rattaché à la commune elle-même, nommé par décision conjointe des ministères de l'Intérieur et des Finances, habilité à exécuter l'intégralité de la procédure de recouvrement forcé pour les taxes locales gérées directement par la commune.
منصب استُحدث بموجب القانون 14.25: قابض تابع للجماعة، يُعيَّن بقرار مشترك بين وزارتي الداخلية والمالية، ويخوَّل صلاحية تنفيذ كامل مسطرة التحصيل الجبري بالنسبة للرسوم المحلية التي تدبرها الجماعة مباشرة.
الآمر بالصرف
Le responsable communal (généralement le président du conseil) qui autorise le recouvrement des recettes et l'engagement des dépenses - distinct du comptable qui gère effectivement les fonds.
المسؤول الجماعي (رئيس المجلس عادة) الذي يأذن بتحصيل المداخيل وصرف النفقات، ويختلف عن المحاسب الذي يتصرف فعليا في الأموال.
Taxe professionnelle
الضريبة المهنية
Une taxe locale due par les entreprises et les professionnels exerçant sur le territoire de la commune. Depuis la loi 14.25, son recouvrement est confié à la Direction Générale des Impôts.
ضريبة محلية يؤديها أصحاب الأنشطة التجارية والمهنية الممارَسة داخل نفوذ الجماعة. أُسند تحصيلها بموجب القانون 14.25 إلى المديرية العامة للضرائب.
Taxe d'habitation (رسم السكن)
رسم السكن
Une redevance locale due par les résidents sur le bien immobilier qu'ils occupent - juridiquement une «رسم» (redevance), et non une «ضريبة» (taxe). Depuis la loi 14.25, son recouvrement passe à la Direction Générale des Impôts.
رسم محلي يؤديه الساكنة على العقارات التي يشغلونها، وهو قانونياً "رسم" لا "ضريبة". نُقل تحصيله بموجب القانون 14.25 إلى المديرية العامة للضرائب.
Taxe de services communaux (رسم الخدمات الجماعية)
رسم الخدمات الجماعية
Une redevance locale qui finance les services fournis par la commune, comme l'éclairage, la propreté et l'entretien des routes. Passe elle aussi à la Direction Générale des Impôts en vertu de la loi 14.25.
رسم محلي يمول الخدمات التي تقدمها الجماعة كالإنارة والنظافة وصيانة الطرق، ونُقل تحصيله هو الآخر إلى المديرية العامة للضرائب بموجب القانون 14.25.
Taxe sur les terrains urbains non bâtis
الرسم على الأراضي الحضرية غير المبنية
Une taxe sur les terrains urbains équipés mais non bâtis, destinée à décourager la spéculation et à inciter les propriétaires à construire ou à vendre. La loi 14.25 a révisé les taux, inchangés depuis 2008, à 15-30 DH/m² dans les zones bien équipées, 5-15 DH/m² dans les zones moyennement équipées, et 0,5-5 DH/m² dans les zones peu équipées.
رسم على الأراضي الحضرية غير المبنية المجهزة، يهدف إلى الحد من المضاربة العقارية ودفع الملاك إلى البناء أو البيع. راجع القانون 14.25 هذه الأسعار الثابتة منذ 2008 لتصبح من 15 إلى 30 درهماً للمتر المربع بالمناطق الجيدة التجهيز، ومن 5 إلى 15 درهماً بالمناطق متوسطة التجهيز، ومن 0.5 إلى 5 دراهم بالمناطق ضعيفة التجهيز.
De la classification des zones au recours
Le cycle de recouvrement
Un aperçu simplifié du fonctionnement du système réformé. Le service qui recouvre une taxe donnée, et ce qu'un propriétaire paie, dépendent tous deux des décisions prises à chaque étape.
Classification des zones
Le président du conseil communal désigne chaque zone comme bien, moyennement ou peu équipée - une décision valable seulement après le visa du wali ou du gouverneur. Cette décision fixe le taux que paiera le propriétaire.
Évaluation et avis
La base imposable et le montant dû sont fixés, et le contribuable en est informé - payé immédiatement par quittance au compte de la commune, ou sur avis pour les taxes gérées par l'État.
Le recouvrement est réparti selon la taxe : la Direction Générale des Impôts gère la taxe professionnelle et les deux taxes communales ; les percepteurs communaux gèrent le reste, dont la taxe sur les terrains non bâtis.
Recouvrement forcé
En cas de non-paiement, le percepteur compétent est habilité à exécuter l'intégralité de la procédure de recouvrement forcé prévue par la loi n° 15.97.
Un contribuable qui conteste une évaluation peut emprunter les voies de recours administratif et judiciaire officielles.
Ce que cette loi change concrètement pour les finances communales
Pourquoi c'est important
Éléments tirés du rapport de la Commission de l'Intérieur de la Chambre des Conseillers (avril 2025) - et du cadrage du ministre de l'Intérieur lui-même sur l'objectif de cette réforme.
Fin d'un gel des taux de 17 ans
Le taux de la taxe sur les terrains non bâtis n'avait pas bougé depuis 2008. Les taux adoptés par la commission atteignent désormais 15 à 30 DH/m² dans les zones bien équipées - des recettes réelles sur des terrains dont la valeur a augmenté pendant près de deux décennies.
Anti-spéculation et pro-développement
Le ministre a explicitement présenté cette taxe comme un moyen de pousser les propriétaires à construire ou vendre les terrains équipés inoccupés plutôt que de les accaparer - du développement et une assiette fiscale élargie, pas seulement du recouvrement.
Un recouvrement spécialisé pour les trois taxes majeures
La taxe professionnelle et les deux taxes communales passent à la Direction Générale des Impôts «pour bénéficier de l'expertise qu'elle a accumulée» - l'objectif affiché est de réduire les recettes perdues faute de recouvrement efficace.
Un percepteur dédié comble les manques de recouvrement
Le diagnostic de la commission elle-même : le flou sur la responsabilité des arriérés non recouvrés était un vrai problème. Un percepteur rattaché à la commune, doté du pouvoir de recouvrement forcé, y répond directement.
Le levier
La situation
Ce que la loi permet
Pour les élus locaux
Pour les élues
Trois leviers concrets qu'une élue peut tirer des mécanismes réels de cette loi - pas des hypothèses, mais des dispositions déjà inscrites dans le texte.
Un vote du conseil, pas seulement la décision du président
Plusieurs conseillers se sont opposés à ce que le président du conseil détienne seul l'autorité sur les zones et taux fiscaux.
Une élue peut exiger une délibération complète du conseil à la place - un levier concret, pas une simple demande.
Un enjeu dans la classification des zones
Le statut «bien équipée» ou «peu équipée» détermine ce que paient les résidents - et où ira ensuite l'investissement en infrastructures.
Une élue représentant un quartier sous-équipé a un intérêt direct à surveiller cette classification de près.
Une formation que la loi elle-même appelle de ses vœux
Les membres de la commission ont unanimement souligné la nécessité d'une formation adéquate pour le personnel assumant ces nouvelles tâches.
Une base légitime pour demander que les élues aient le même accès à la formation en matière de contrôle fiscal.
Pour les acteurs locaux
Pour les organisations de la société civile
Trois points d'entrée concrets pour qu'une association locale mette cette loi à profit.
Un repère concret contre la spéculation
Des terrains urbains équipés et inoccupés échappent à une taxation à la hauteur de leur valeur réelle, et la loi elle-même présente cela comme un problème.
Une association locale dispose d'un repère juridique précis pour vérifier si ces terrains sont réellement construits ou vendus.
Demander où est allée la nouvelle recette
«Plus de recettes pour la commune» est longtemps resté une affirmation vague, difficile à vérifier pour les habitants.
Une fois le recouvrement réellement amélioré, les associations peuvent demander une reddition de comptes publique sur les recettes perçues et dépensées dans les mêmes zones sous-équipées.
Une institution réelle à expliquer aux habitants
La plupart des habitants n'ont jamais entendu parler d'un «percepteur communal» et ne savent pas à qui s'adresser au sujet de leur facture.
Un point d'entrée concret pour des programmes d'éducation civique sur qui recouvre aujourd'hui les taxes locales et ce que signifie le recouvrement forcé.
Une question précise ?
Posez votre question à AMSA-AI sur le recouvrement des taxes locales et obtenez une réponse ancrée dans des sources officielles, dès que le corpus dédié à ce sujet sera disponible.
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